Isabelle, avant de parler de La Voix du Parfum, pouvez-vous nous raconter comment votre histoire personnelle avec les mots, la langue française et le parfum s’est tissée jusqu’à devenir un véritable métier, entre écriture, podcast et ateliers ?
Journaliste et chargée de projets éditoriaux et culturels depuis plus de 25 ans, je suis passionnée par la langue française et le sens des mots, par l'art, les histoires et l'Histoire, le patrimoine et le parfum. La Voix du Parfum, agence éditoriale et événementielle, est née de l'alchimie de ces centres d'intérêt. Elle se décline en trois activités : je conçois et je publie des contenus écrits et audio (articles, portraits, interviews, podcasts, narration) ; je crée et je développe des animations culturelles et olfactives, des médiations sensorielles, artistiques et touristiques ; j'anime des conférences et ateliers olfactifs ainsi que des formations pour des écoles, des institutions et des entreprises. Je conçois et anime aussi des médiations sensorielles dans les musées et sites culturels.
Mon approche allie exigence éditoriale, créativité sensorielle, transmission... et passion !
Votre podcast est né d’un choc sensoriel au Grand Musée du Parfum : comment ce premier tourbillon olfactif a-t-il façonné votre façon de choisir les mots et de poser votre voix pour faire rayonner la notoriété de ceux qui créent, cultivent ou transforment le parfum ?
Lors de cette visite, la découverte de l'univers du Parfum, de son histoire, ses métiers, ses savoir-faire, ses talents a attisé ma curiosité de journaliste. Puis j'ai eu envie de faire entrer le public dans les coulisses de la parfumerie : le podcast La Voix du Parfum, avec des interviews et chroniques aux mots choisis avec soin, sur un ton chaleureux et proche, invite à une immersion sensorielle... audio et olfactive.
Concrètement, lorsqu’un parfumeur ou un cultivateur de fleurs vous confie son univers, comment travaillez-vous la mise en récit et l’oralité pour transformer une matière première ou une formule secrète en histoire mémorable et en image de marque singulière ?
La mise en récit est le fruit d'un riche échange, de nombreuses questions que je pose à celui ou celle qui me confie son univers : cette démarche journalistique allie ma curiosité naturelle, une préparation en amont de tout ce qui se rattache à l'histoire et le souhait de faire entendre ce qui habituellement se sent. La narration, le choix des mots, des évocations, l'échange visent à surprendre les auditeurs, enrichir leur connaissance et surtout, leur proposer une rencontre inédite et mémorable.
Vous vous rendez souvent à Grasse et dans la région PACA pour rencontrer le terroir et les artisans : en quoi l’ancrage géographique, le vocabulaire du paysage, des saisons et des fleurs nourrit-il la construction d’un imaginaire olfactif puissant et différenciant pour ces savoir-faire ?
L'imaginaire olfactif s'inspire des savoir-faire, des artisans et du terroir. Il s'enrichit de rencontres, de connaissances, de lectures, de voyages et évolue au gré des saisons. Cet ancrage géographique nourrit en effet la créativité et l'imaginaire. Très vivant, ce dernier puise aussi son inspiration dans un champ lexical à la croisée de la poésie, de la science et de la tradition de pratiques transmises depuis des générations.
À l’heure où l’on parle beaucoup de storytelling et de “voix de marque”, observez-vous des dérives ou des simplifications autour des mots du parfum (notes, pyramides, émotions-clés) et comment, à travers vos interviews et ateliers, tentez-vous de réintroduire nuance, précision et authenticité ?
L'enjeu dans les interviews et ateliers est en effet d'enrichir le récit grâce à la nuance de la langue, sa subtilité, sa précision, ses "couleurs". Face à la simplification, pour ne pas dire l'appauvrissement des mots qui gravitent autour du parfum, je m'inspire de la littérature, de la musique, des arts, de la poésie, de l'étymologie pour affiner l'idée et le message. Choisir le mot juste, bien "senti", nécessite patience, exigence et passion pour notre langue.
Avec l’essor des formats audio, des réseaux sociaux et de l’IA générative, comment imaginez-vous l’évolution de la place de la voix humaine et du langage dans la construction de la notoriété des maisons de parfum et des artisans indépendants dans les prochaines années ?
La notoriété des marques comme des artisans indépendants ne peut se contenter de s'appuyer sur l'audio, l'image, les réseaux sociaux et l'IA. Ce qui fait la différence, c'est le lien crée avec les clients, leur communauté au travers d'expériences, d'échanges, de rencontres. Prendre la parole, s'affirmer, se faire entendre, se raconter, avec un langage précis et adapté, avec une voix humaine est une moyen d'incarner sa marque. Ce lien se tisse dans la durée, il demande du temps... Ce n'est pas évident à mettre en place dans un marché qui prône l'immédiateté. Mais cela fait la différence !
Pour conclure, quel conseil donneriez-vous à un créateur ou à un petit producteur de fleurs à parfum qui n’ose pas prendre la parole : par où commencer pour trouver sa propre voix, ses mots à lui, et faire entendre son histoire dans un univers aussi saturé que celui du parfum ?
Pour trouver les mots afin de se faire entendre, poser sa voix, tout en restant concentré.e sur son savoir-faire et son activité, rien de mieux que de confier votre histoire à La Voix du parfum : nous trouvons les termes qui vous ressemblent, puis le ton de la voix et enfin l'audace pour vous lancer ! Authentiques, incarnées à votre image, vos prises de parole seront vraies et toucheront votre audience, séduiront et créeront un lien avec votre communauté. Vous marquerez les mémoires !
Pour en savoir plus : https://www.lavoixduparfum.fr/