La Sorgue passe au pied du jardin
L'Isle-sur-la-Sorgue est une ville d'eau avant d'être une ville d'antiquaires : la rivière s'y divise en bras, les roues à aubes tournent encore, et les vieilles maisons tournent le dos à la rue pour s'ouvrir côté jardin. Celle-ci, rue Rose Goudard, est un hôtel particulier du XVIIe siècle. On entre par une cour couverte d'une verrière, on traverse, et l'on débouche sur un jardin planté qui descend jusqu'à une piscine posée au bord de l'eau. Le contraste est saisissant avec l'animation du centre, à cent mètres de là. La maison appartient à une collection française spécialisée dans les demeures de caractère, et cela se sent dans le soin porté au bâti.
Pourquoi cette adresse fonctionne
Parce qu'on y loge à quatre clés. Deux suites de soixante-dix mètres carrés, deux junior suites de cinquante : à ce format, il n'y a ni réception permanente ni voisinage, et l'on habite la maison comme si elle était prêtée. Parce que la décoration n'est pas un catalogue, ensuite : chaque chambre a été traitée séparément, avec des toiles d'artistes contemporains aux murs et des partis pris tenus jusque dans les salles de bains. Et parce que la piscine au bord de la Sorgue règle la question de l'été dans une ville où la plupart des adresses n'en ont pas.
Pourquoi cet emplacement
Tout se joue à pied. Le centre ancien, ses quais, ses ponts et ses cafés commencent au bout de la rue. Le marché provençal de la semaine et le grand rendez-vous des antiquaires du dimanche se tiennent à quelques minutes, et c'est un luxe considérable de pouvoir déposer une trouvaille à la maison en milieu de matinée. Au-delà, le nord du Luberon est à portée : Fontaine-de-Vaucluse et sa résurgence, Gordes, l'abbaye de Sénanque, Roussillon et ses ocres. Avignon et sa gare TGV sont à une demi-heure. Le stationnement, lui, demande un peu de méthode les jours de marché.
L'essentiel en bref
Prix : €€€, haut de gamme
Ambiance : hôtel particulier, jardin, collection d'art
Chambres : quatre en tout, deux suites de soixante-dix mètres carrés et deux junior suites de cinquante
Idéal pour : les couples, les amateurs de brocante et d'art, les séjours de deux ou trois nuits
Notre coup de cœur : la piscine installée au bord de la Sorgue, à l'ombre du jardin
Table : petit-déjeuner servi dans la salle à manger ou au jardin, près de la piscine
Équipements : piscine, jardin clos, cour sous verrière, terrasses, chambres individuellement décorées
À voir autour : les quais et les antiquaires de L'Isle-sur-la-Sorgue, Fontaine-de-Vaucluse, Gordes et l'abbaye de Sénanque, Roussillon, Avignon (environ 30 minutes)
Quatre clés, et des volumes de collectionneur
Les deux plus grandes suites occupent chacune soixante-dix mètres carrés, les deux junior suites cinquante. Ce sont des surfaces d'appartement, rares dans l'hôtellerie de centre ancien, et elles changent la nature du séjour : on s'y installe, on y lit, on y revient en milieu d'après-midi plutôt que de traîner dehors jusqu'au dîner. Chaque pièce a été traitée pour elle-même, avec des toiles d'artistes contemporains et des détails dessinés sur mesure, jusqu'à une douche installée derrière une paroi de verre sablé. C'est une maison où l'on remarque le travail plutôt que le style, ce qui est le meilleur des signes.
Le dimanche des antiquaires, vu de l'intérieur
L'Isle-sur-la-Sorgue vit au rythme de ses marchés, et c'est la raison principale de venir. Le dimanche, les villages de brocanteurs et les galeries ouvrent en même temps, la ville se remplit dès le milieu de la matinée, et les affaires se traitent tôt plutôt qu'en fin de journée. Loger à cent mètres change tout : on sort de bonne heure, on revient déposer, on repart. Les grandes foires internationales, deux fois par an, demandent en revanche de réserver plusieurs mois à l'avance, et il en va de même pour les week-ends d'été. Quatre chambres, cela veut aussi dire quatre chances.