Niolon en train sur la Côte Bleue : le contrechamp de Marseille
Niolon, minuscule port accroché à la Côte Bleue, regarde Marseille de loin. Le village appartient à la commune du Rove, mais son rythme suit celui du train qui file entre Marseille Saint Charles et Miramas par la mer, comme un travelling de Pagnol sur 32 kilomètres de viaducs et de tunnels. Ici, le voyage commence vraiment quand le TER quitte la plaine industrielle pour longer les falaises, et que la première calanque apparaît sous les pins.
La ligne de la Côte Bleue, exploitée en TER PACA par le TER SNCF, reste l’une des rares lignes françaises où l’on voyage littéralement au bord du train, la roche d’un côté, la mer de l’autre. Pour rejoindre Niolon, il suffit de prendre un billet de train à Marseille Saint Charles, de monter dans un TER Marseille Miramas (environ 30 minutes de trajet, avec en moyenne un départ par heure en journée selon les horaires SNCF consultables sur SNCF Connect ou en gare), puis de descendre à la petite gare posée au-dessus de la calanque Niolon, à quelques minutes de marche du port. Les guides locaux le résument bien : « Take the Train de la Côte Bleue from Marseille to Niolon. »
Ce choix du train depuis Marseille Saint Charles n’est pas qu’une coquetterie de néo résident soucieux de son empreinte carbone. Il évite les embouteillages vers Carry le Rouet, Sausset les Pins ou Ensues la Redonne, et surtout la galère de stationnement dans les calanques Niolon en haute saison, où chaque place de voiture se négocie comme un cabanon. En descendant à Niolon plutôt qu’à Marseille Saint Charles au retour, on garde en tête l’image de la Côte Bleue Martigues, de Couronne Carro à Carry Rouet, comme une succession de criques et de plages minuscules, bien loin des clichés de la Corniche.
Du quai de Niolon aux sentiers de calanques : marcher plutôt que rouler
Depuis la petite gare de Niolon, le premier geste consiste à quitter le quai et à suivre le sentier qui plonge vers le port. Dix minutes de marche suffisent pour rejoindre les cabanons (environ 600 mètres, dénivelé modéré), mais la lumière sur la calanque Niolon donne envie de ralentir, surtout quand le train bleue repart vers Miramas en dessinant une arche au-dessus de l’eau. On comprend vite pourquoi l’intérêt pour les voyages en train panoramiques et les loisirs de randonnée côtière ne cesse de croître, tant la Côte Bleue condense ces deux plaisirs sur quelques kilomètres.
Pour explorer les calanques Niolon, il faut accepter la pente, les marches irrégulières et les racines de pins qui dépassent. Le sentier des douaniers, souvent nommé sentier douaniers par les locaux, relie Niolon à la calanque de l’Erevine en environ quarante cinq minutes de marche (compter 2,5 km, niveau de difficulté classé « moyen » sur les topo-guides locaux), avec des passages étroits au bord du train et des vues plongeantes sur la mer bleue. On longe des pans de falaises où les cabanons semblent suspendus, puis on bascule vers la calanque Erevine, plus sauvage, où la baignade récompense les mollets échauffés.
Cette portion de littoral rappelle, en plus intime, les débats qui entourent l’accès aux calanques de Marseille, de Sugiton à Morgiou, où les quotas et réservations se multiplient pour protéger les sentiers et les plages fragiles. Pour comprendre ces enjeux d’accès régulé aux calanques et choisir d’autres itinéraires côtiers, il est utile de se pencher sur l’exemple des quotas d’accès aux calanques près de Sugiton, mis en place par le Parc national des Calanques depuis 2022 pour limiter l’érosion des sols (informations détaillées sur le site officiel du Parc), qui éclairent la manière dont la région gère la pression touristique. À Niolon, l’absence de route directe large et la présence de la ligne de train TER PACA jouent déjà un rôle de filtre naturel, ce qui maintient une ambiance de village plus que de station balnéaire.
Cabanons, histoire discrète et art de vivre en bord de train
Les cabanons de Niolon et de la Côte Bleue ne sont pas des maisons de vacances comme les autres. Entre Niolon, Carry le Rouet, Sausset les Pins et Ensues la Redonne, on compte quelques centaines de ces constructions modestes, longtemps tolérées, parfois contestées, toujours désirées, qui forment un chapelet de vieilles pierres et de parpaings colorés au ras de l’eau. Leur statut juridique reste complexe, hérité de luttes foncières anciennes et de régularisations partielles liées à la loi Littoral et aux plans locaux d’urbanisme (PLU consultables en mairie ou sur les sites des communes), mais leur présence raconte une autre histoire du littoral, plus populaire que les villas de Cassis.
Arriver en train à Niolon permet de saisir cette géographie intime, car la ligne se faufile littéralement derrière les cabanons, offrant depuis le TER Marseille Miramas une vue sur les toits de tuiles, les escaliers de béton et les terrasses de pique nique. On aperçoit des tables en formica, des barbecues posés sous les pins, des kayaks tirés sur les rochers, autant de signes d’un art de vivre tourné vers les loisirs simples plutôt que vers les plages aménagées. En descendant au port, on croise les habitants qui montent ou descendent à pied, panier de marché à la main, sans autre voiture que celle du voisin.
Cette économie du cabanon a façonné une culture de la discrétion, loin des vitrines d’Instagram, même si quelques images de calanque Niolon circulent désormais largement en ligne, souvent accompagnées de légendes et de descriptions de type « calanque Niolon, Côte Bleue, vue sur la mer » pour le référencement. Les néo résidents qui s’installent à Marseille ou à Miramas et qui empruntent régulièrement le TER SNCF pour un voyage du week end apprennent vite à respecter ces lieux, à ne pas envahir les terrasses privées ni les accès aux calanques Niolon. Ici, on vient pour une journée de marche, un pique nique sur les rochers, une baignade dans une calanque, puis on remonte prendre le train TER en fin d’après midi, en laissant derrière soi le moins de traces possible.
Vers la calanque de l’Erevine : un sentier exigeant, une récompense rare
Quitter Niolon par le sentier des douaniers vers la calanque de l’Erevine, c’est accepter un peu de vertige. Le chemin, parfois étroit, suit la falaise au plus près, avec des passages où l’on domine la mer bleue et la ligne de train qui serpente en contrebas, comme un jouet posé sur les viaducs. Les pins maritimes filtrent la lumière, et chaque trouée offre une vue sur les plages minuscules coincées entre les rochers, bien loin des grandes plages de Marseille ou de la Côte d’Azur.
La marche jusqu’à la calanque Erevine dure environ trois quarts d’heure depuis le port de Niolon, avec quelques portions de marches raides qui peuvent surprendre les enfants ou les marcheurs peu entraînés. On croise parfois le bruit sourd d’un TER PACA qui file entre Marseille et Miramas, rappel discret que ce paysage de bout du monde reste à portée de billet de train depuis la gare de Marseille Saint Charles. Une fois arrivé à la calanque, l’eau turquoise, les galets blancs et l’arche rocheuse composent un décor presque irréel, que les photos sur Instagram peinent à rendre sans filtre.
Pour profiter pleinement de cette journée, mieux vaut partir tôt de Marseille en train, prévoir de l’eau, un vrai pique nique et des chaussures adaptées à la marche sur sentier caillouteux. Ceux qui souhaitent prolonger l’exploration du littoral provençal au delà de la Côte Bleue peuvent ensuite se tourner vers d’autres rivages plus secrets, comme les digues silencieuses et les plages sauvages de Camargue accessibles hors des grands pôles touristiques, en suivant des itinéraires détaillés par les offices de tourisme régionaux. Revenir à Niolon en fin de journée, reprendre le train TER SNCF vers Marseille ou Miramas, c’est refermer une parenthèse de nature sans avoir touché au volant, ce qui change profondément la manière de voyager en Provence.
Composer un week end : Niolon, Carry le Rouet et Sausset les Pins en TER
Un week end idéal pour un néo résident de Marseille commence souvent par un départ matinal en train depuis Marseille Saint Charles vers Niolon. On passe la journée entre la calanque Niolon, le sentier des douaniers et la calanque de l’Erevine, puis on remonte en fin d’après midi pour reprendre un TER PACA vers Carry le Rouet ou Sausset les Pins. Cette combinaison de gares sur la même ligne Marseille Miramas permet de multiplier les plages, les ports et les ambiances sans jamais reprendre la voiture.
À Carry le Rouet, le port concentre restaurants, terrasses et accès faciles aux plages, avec une atmosphère plus balnéaire que celle de Niolon, mais toujours loin des foules de Marseille. Sausset les Pins, un peu plus loin sur la ligne, offre un front de mer plus ouvert, idéal pour une promenade au bord du train en regardant passer les TER SNCF qui relient Marseille à Miramas et à la Côte Bleue Martigues, vers Couronne Carro. Entre ces escales, on peut alterner baignades, cafés en terrasse, marchés de producteurs et loisirs nautiques, en gardant le train comme fil conducteur du voyage.
Ce choix assumé du rail sur la Côte Bleue s’inscrit dans une manière plus large d’explorer la Provence, en privilégiant les itinéraires qui évitent les axes saturés et les parkings surchauffés. Les voyageurs qui apprécient Niolon et ses calanques discrètes se tournent souvent ensuite vers d’autres littoraux moins exposés, comme certaines plages de Camargue accessibles en dehors des stations les plus connues, décrites en détail par les plateformes régionales dédiées aux escapades hors des sentiers battus. À la fin, ce n’est pas le mistral qui reste en mémoire, mais la lumière qu’il laisse sur les viaducs de la Côte Bleue quand le dernier train TER rentre vers Marseille.
FAQ sur Niolon, la Côte Bleue et le train
Comment rejoindre Niolon en train depuis Marseille ?
Pour rejoindre Niolon, il faut prendre un train TER de la ligne Marseille Miramas par la Côte Bleue au départ de la gare de Marseille Saint Charles. Le trajet dure environ une demi heure, avec des vues spectaculaires sur les calanques et les viaducs avant l’arrêt à la petite gare de Niolon. Depuis le quai, quelques minutes de marche suffisent pour descendre au port et accéder à la calanque Niolon.
Quelles activités pratiquer à Niolon et sur la Côte Bleue ?
Niolon et la Côte Bleue se prêtent particulièrement à la randonnée sur sentier côtier, à la baignade dans les calanques et aux loisirs nautiques comme la plongée ou le kayak. La marche vers la calanque de l’Erevine par le sentier des douaniers est l’itinéraire emblématique, avec des passages en balcon au dessus de la mer. Les petites plages de galets près du port de Niolon offrent aussi des spots de baignade plus accessibles pour une journée simple en famille.
Niolon est il adapté à une visite en famille avec enfants ?
Le village de Niolon et son port restent adaptés à une visite en famille, à condition de bien choisir les activités. Les ruelles en pente, les marches vers les cabanons et certains tronçons du sentier des douaniers peuvent être difficiles pour de très jeunes enfants ou des poussettes. Pour une première visite, mieux vaut rester autour du port, des petites plages proches et des points de vue accessibles avant de tenter la marche complète vers la calanque Erevine.
Faut il une voiture pour explorer Niolon et la Côte Bleue ?
La voiture n’est pas indispensable pour explorer Niolon, car la ligne de train TER PACA qui relie Marseille à Miramas dessert plusieurs gares de la Côte Bleue, dont Niolon, Carry le Rouet et Sausset les Pins. Voyager en train permet d’éviter les problèmes de stationnement fréquents près des calanques et de profiter d’un paysage côtier spectaculaire pendant le trajet. Pour un week end, il est tout à fait possible de combiner plusieurs escales en utilisant uniquement le TER SNCF et la marche à pied.
Quels équipements prévoir pour randonner entre Niolon et la calanque de l’Erevine ?
Pour randonner entre Niolon et la calanque de l’Erevine, il est recommandé de porter des chaussures fermées adaptées aux sentiers caillouteux, de prévoir suffisamment d’eau et un chapeau pour se protéger du soleil. Le sentier comporte des passages en balcon et des marches raides, ce qui nécessite une certaine habitude de la marche en terrain accidenté. Un pique nique léger, une serviette et des affaires de baignade complètent l’équipement idéal pour profiter de la calanque à l’arrivée.